Le plan de développement villageois
J’ai parlé beaucoup de mes aventures (culinaires, climatiques ou autres), mais n’oublions pas que j’ai aussi travaillé ! Donc résumons un peu ce que j’ai fait et pourquoi !
Depuis mon arrivé le 21 août, j’ai essayé de rencontrer le maximum d’associations du village (leur nombre important m’a d’ailleurs surpris !) afin de faire un petit inventaire institutionnel et d’avoir une première idée du fonctionnement du village. En parallèle, j’ai commencé un recensement–interview des ménages. Pour cela, j’avais formé des inspecteurs mais en définitive, il y en a qu’un qui a vraiment bossé. Les autres ayant rien ou peu fait pour cause d’abandon, de désintéressement ou d’autre chose. J’ai donc appris que 301 personnes vivent à Bakogo. Les gens étaient un peu déçu parce qu’ils étaient sur d’habiter fans un gros village, « au moins 500 » m’avait-on dit ! Mi-octobre, j’ai organisé un atelier participatif où on a bossé pendant 4 jours. 1 jour pour chacun des groupes hommes, femmes et jeunes puis une journée pour valider les résultats. Ne me demandez pas la différence entre les jeunes et les hommes, je ne la sais pas, eux non plus, mais personne n’aurait fait ça autrement !
Le thème de l’atelier était de recueillir des infos sur le village, mais la méthode participative a également l’avantage de stimuler et de valoriser les villageois. Pour ceux qui veulent les détails, on a réalisé une carte de mobilité, un diagramme de Venn (super intéressant), des calendriers d’activité quotidienne et annuelle pour les trois groupes ainsi que des cartes de ressource et une carte sociale du village.
En pratique ça a été assez dur, puisque « black man time » oblige, j’ai du poireauter pas mal à la porte du community hall en attendant les participants. De plus, la veille au soir, ya une coopérative qui a débarqué pour dire qu’il faisait leur atelier toute la semaine ! Youpi !! Bon, on a managé tout ça pour essayer de s’en sortir au mieux.
Au final, j’étais très content des résultats. La population a été bien présente et l’intérêt manifesté par les femmes m’a fait plaisir. Mais il faut dire que la petite surboum organisée par mes soins à l’issue du travail a peut-être plus marqué certains esprits que le travail réalisé… Ils ont quand même descendu les 100 litres de vin de palme à bonne vitesse.
La suite c’est passé mi-novembre, cette fois-ci on a fait l’analyse des problèmes du village, puis on les a classés, étudiés, analysés et finalement on a proposé des actions à entreprendre pour les résoudre.
Pour pérenniser tout ça, un comité de développement villageois a été créé et chargé du suivi des projets.
Je ne sais pas si sa parait simple, mais la réalisation de tout ça demande l’organisation de beaucoup de réunions. Il faut être sûr qu’on ne se trompe pas sinon, toute la suite tombe à l’eau. Et surtout, qui dit réunion, dit participants ! Et motiver les gens pour les convaincre de venir, venir à l’heure, participer a demandé une énergie folle !
Ce même problème de motivations va aussi être le risque majeur lors de l’exécution des actions. Et les conflits internes de même que l’organisation en seront le principal frein. Avant que je ne quitte le Cameroun a organisé un petit suivi avec mon maître de stage, Valantine, afin de les aider un peu et aussi de les pousser.
Je verrais les résultats dans un an, deux ans, dix ans…