Le poids de la tradition

Publié le par David

« Le poids de la tradition », c’est une expression de moi, mais je n’ai rien trouvé de plus approprié pour regrouper certains aspects de la vie au village.

Les traditions et les obligations sociales qu’elles engendrent sont très présentes, particulièrement au village même si on retrouve certaines d’entre elles à tout niveau du pays et sans doute aussi en Afrique plus généralement. D’ailleurs ce qu’on appelle traditions ne l’est pas toujours, c’est dans bien des cas que des habitudes qui se sont enracinées parce que on avait pas forcément envie de chercher une meilleure solution à un problème qui s’était déjà posé. Cette sorte de "jurisprudence" fonctionne à plein régime et contribue à transformer une habitude en une tradition. Et lorsqu’on met le doigt sur un point qui fonctionne mal, la réponse est "c’est notre culture" ou bien "on a toujours fait comme ça". Même si l’on ressent de temps en temps un léger malaise de la part de celui qui répond. Car même s’il a réalisé que ça ne devrait pas se passer ainsi, on ne peut se dresser seul contre le village et les traditions, le poids de la tradition …

Quelques exemples : en cas de décès d’un proche qui est ensuite ramené au village, les villageois se chargent de creuser la tombe. Sorte de solidarité envers la famille. Mais pour remercier les ouvriers, la famille DOIT leur fournir à manger, c'est-à-dire un régime de plantain, une pièce de viande, du vin de palme, etc. Bref on arrive facilement à 8 000 – 10 000 FCFA ce qui au village représente une somme non négligeable. Et on ne peut échapper à ce fonctionnement. On en tire l’impression que ce qui devait être à l’origine un geste de solidarité, a peu à peu dévié vers cette charge supplémentaire envers la famille endeuillée.

Autre exemple, les réunions villageoises. Pour beaucoup d’évènements, la présence de tout le village est requise. En cas d’absence, l’amende est automatique. Ce fonctionnement est très pratique pour organiser des réunions, des ateliers ou faire des annonces publiques. Mais lorsqu’il s’agit d’aller examiner sur le terrain un problème foncier, à 2 heures de marche du village, que ce conflit oppose 2 villageois de deux villages différents, qu’il faut donc déplacer la population (mâle) de deux villages et la mobiliser pour toute la journée, on peut se demander l’efficacité et la raison de telles habitudes. Car pendant cette journée, personne n’a rien gagné et personne n’est allé travailler dans sa propre ferme, mais on connaît la réponse si l’on pose la question. Le poids de la tradition…

Pour finir, l’habitude qui mine tout travail : « L’item 11 ». Celui-ci correspond à l’après réunion. Chaque participant à une réunion de travail s’attend au moins à recevoir sa bière. Si c était pour des gens de milieux urbains, cela serait sans trop de conséquence. Au village, cela représente rapidement une somme importante et peut parfois suffire à dissuader l’organisateur de la réunion. Quand la réunion implique des autorités, le budget augmente immédiatement de façon exponentielle. Il faut en effet payer le transport de ces sommités (le fuel pour leur énorme 4x4, de fonction évidemment), leur fournir des cadeaux, et le village s’attend alors à être nourri, voulant lui aussi profiter de l’occasion.
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M
La tradition ici , ces jours-ci, c'est BONNE ANNEE !!! et on n'est pas ivre-mort....CIAO fiston!!
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