Village’s people

Publié le par David

 

Désolé pour le jeu de mot foireux, mais bon.

 

Donc cet article portera sur mes concitoyens de Bakogo (je compte bien recevoir le titre de citoyen d'honneur d'ici mon départ, peut-être le jour même de mon départ).

 

Petite mise au point évidente mais nécessaire avant de commencer : les propos tenus ici n’engagent que moi et peuvent donc comporter autant d’erreurs que j’ai de paires de bases azotées. Étant donné que le propos de l'article porte sur une science qui n’est pas exacte, il ne saurait être exact.

Voilà, ça c’est fait, je me lance !

 

Ne poussons pas Mémé dans les orties, ce serait mentir de dire que les

Bakogoiens (?) ne sont pas hospitaliers, ils sont même plutôt sympas, heureusement pour moi d’ailleurs. Ils m’aiment bien, je suis un sujet perpétuel d’amusement pour les gamins, et aussi pour les adultes.

Depuis que j’ai appris du baratin en dialecte local, ça les fait marrer de me saluer 200 fois par jour, en sachant que je vais répondre « Ognama long », « Oka longueure » ou bien « Erinounou ». Et si je ne réponds pas, on ne manquera pas de me le faire remarquer « David, this Mama is greeting you ! ». Donc les 200 fois sont une approximation plutôt à la baisse.Et comme un Allemand d’une ONG me l’a fait remarquer « au pire, si rien ne marche, tu auras été une joyeuse distraction pour eux »…

 

Je me fais donc inviter assez souvent à bouffer. Ils aiment bien quand je fais « des trucs de noirs », ça leur fait plaisir de me voir faire comme eux : la lessive, aiguiser la machette, construire un toit avec des feuilles de raphia, aller aux champs, etc. mais rien n’arrive au niveau du délire suscité quand je leur dis que je préfère manger du macabo ou du plantain à des pâtes et que je mange du garri tous les jours à mon petit-déjeuner.…

 

Il y a aussi les aspects un peu chiants, ils sont super jaloux et super susceptibles. Et comme tout se sait dans le village, si je donne quelque chose à quelqu’un où si je fais quelque chose de spécial avec quelqu’un, on me fera la remarque. Je crois que le chef m’a fait la gueule pendant assez longtemps parce qu’à mon retour de mon break de fin octobre, j’avais imprimé des photos pour certaines personnes et pas pour lui. Donc faut tout le temps faire attention à se qu’on fait et parfois c’est fatiguant.

 

Ensuite pour un Européen, il y a un aspect de la culture africaine qui est très dure à assimiler, c’est la notion de propriété qui est un peu moins précise que chez nous. En particulier, ça dérange personne d’entrer chez vous de prendre de la bouffe s’il y en a ou de vous demander de lui en donner.

Et la demande ne s’embarrasse pas de fioritures, je n’entends que très rarement le mot « please » ou bien « Do you mind, if.. » ou tout autre

« Would you…». Il n’est pas rare d’entendre, « I come tomorrow and I

take your bike », ou bien « buy me food ». La demande se fait toujours sous une forme impérative et ce n’est pas sans problème pour le petit blanc. Ainsi, la semaine dernière, il y a un vieux du village qui débarque chez moi,

« ça va ?

-ça va

-je rentre juste de la ferme, y a une bière pour moi ?

-non, je n’ai pas de bière

-alors du fighter (le fighter c'est du whisky en sachet plastique de 5

Cl, vive le progrès !)

-non, j'ai pas d’alcool, mais j’ai du thé, du café ou de l’eau

-donne moi 100 CFA pour aller m’acheter du fighter »

 

Là j'ai détourné un peu la conversation en lui disant que j'avais l’impression que les gens dépensaient un peu trop d’argent pour l’alcool dans le village, etc.

Donc il ma redemandé des tunes, puis est parti quand je lui ai dit que je ne lui payerai pas son sky.

 

Du point de vue du boulot, le « black man time » est terrible. Quand on organise des séances de travail, je peux poireauter 2 heures sans voir personne (mis à part quelques fidèles), ce qui parfois me met de mauvaise humeur, surtout quand j’ai fait le planning avec le chef et que celui-ci met 3 jours de suite une réunion juste avant la mienne (ce qui a pour effet de l’annuler ou de réduire de façon drastique la participation).

Enfin, la société est une société dure, pas tendre pour les faibles, ce qui créer parfois des malaises même vis-à-vis de personnes que j‘estime, pour les autres, ça me dérange moins.

 

Donc quelques mises au point ont été nécessaires avec certains.

 



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M
1) Tout seul dans mon appart, j'ai rigolé de bout en bout de l'article (tout n'est pas drôle, et c'était pas le but de l'article, mais j'ai quand même rigolé du début à la fin).<br /> <br /> 2) David tu es génial.<br /> <br /> 3) On se voit à Paris, j'y serai le 22 ou le 23. Je prends l'avion le 24.
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