Rapport sans électricité
Comme mon générateur (que je n’utilisais pas d’ailleurs) est tombé en panne il y a deux semaines, je suis venu ce mercredi 1er octobre à Manfé, préfecture du département, pour pouvoir disposer d’un peu d’électricité pour écrire mon rapport. Mais pas de bol, quand je suis arrivé, l’électricité était coupée depuis 5 jours… Donc j’ai entamé mon rapport grâce à l’aide de nos voisins du DED (Deutsches Entwicklungdienst), quand je dis nous, je parle du ministère de l’agriculture où je suis officiellement en stage. Mais comme ça ne marchait pas toujours, j’ai écrit mon rapport au stylo pour pouvoir optimiser les moments où la lumière était.
Mais comme samedi soir, la situation commençait à devenir critique parce que même si j’avais eu une dérogation pour rendre mon rapport le 30/09, j’avais reçu un mail daté du 23 m’ordonnant de rendre mon rapport (je suis daté parce que c’est pas dans le bush que je consulte mes mails (oui, oui ! Ici aussi, on dit le bush)). Donc ce dimanche matin, ayant fini de mettre à l’écrit mon rapport, je suis parti à la recherche d’un générateur.
J’ai finalement fini dans l’échoppe d’un barbier qui a tout de suite compris comment tirer parti de la situation. Donc pour la somme astronomique de 2000 FCFA (je rappelle ici que le deuxième F signifie financière et non française), j’ai eu 2 h d’électricité. Cela représentait un peu plus de 3 €, mais on m’a quand même dit après que je m’étais fait escroquer. J’ai fini la journée chez un particulier qui m’a juste demandé l’essence. Il est vrai que c’était l’oncle d’Ayuk, le beau-frère de Valantine, mon maître de stage. Vive la famille africaine ! J’ai même eu le droit à du foufou au gussi (=couscous de manioc à la pistache).
Et bien sûr quand j’ai eu fini de taper mon rapport, la lumière est revenue… Ca m'a quand même permis d’aller au cybercafé envoyer ce superbe rapport (si si, je vous assure, il est superbe !!). Et comme le courant n’a pas encore redisjoncté, je peux même vous écrire ces quelques lignes !!
Au final, je suis quand même fier de mon rapport et j’ai profité de mon séjour à Manfé pour acheter de la pacotille qui égayera mon quotidien. Je cite : 2 journaux (the farmer’s voice de septembre et octobre), une radio, une montre et un miroir (objet d’un prochain article).
Et sinon, la ville sans électricité et donc sans eau, c’est pire que le village où là, on est habitué !