En fait c’est la deuxième si on tient compte de celle de 2004 qui avait faillit me permettre de goûter à la fraiche
rusticité des geôles maliennes, mais ceci est une autre histoire. On retiendra l’essentiel : ne pas se séparer de son passeport
une seule seconde !! Et à plus forte raison, surtout si c’est pour sortir dans un bar tendu du slip.
Bref, le cadre de cette première leçon de vie a été le siège de l’ambassade du Cameroun à Paris.
Ma mission : récupéré un visa. Cette mission est peut-être moins périlleuse que
celle localisée à l’ambassade US, mais dans tous les cas, les épreuves en sont différentes.
Je me pointe donc lundi matin avec tous les papiers demandés (et même plus) à l’ambassade. Donc première épreuve réussie puisque j’ai
réussi à localiser l’ambassade du Cameroun (et oui, c’était pas évident et sans un informateur de dernière minute je me serais fait eu).
2e épreuve : pénétrer dans l’enceinte : un premier fonctionnaire
(le 1er d’une longue série) en garde l’entrée). Pour entrer c’est comme en boite, soit tu connais le videur soit t’es sur la liste (liste que j’ai toujours pas compris d’où elle sortait) soit tu
attends. J’ai attendu.
3e épreuve : faire la queue au premier guichet pour obtenir un petit
ticket (comme à la boucherie) avec un numéro pour accéder à la 2e série de guichets. Mais là surprise, ya pas de panneau avec les numéro, donc on met le numéro dans sa poche et on
refait la queue.
4e épreuve : en fait c’est l’épreuve « fil rouge » :
arriver à ne pas froisser les employés tout en leur faisant remarquer qu’ils vous disent le contraire de ce qu’on vient de vous dire et que donc vous en savez plus trop quoi faire.
5e épreuve : la demande de visa proprement dite. Là, j’ai vraiment
flippé parce que tout les gens devant moi qui allaient demander la leur se sont fait évincer (surtout quand j’ai appris que la veille il y avait eu des drames parce que des gens avaient pas pu
avoir leur visa à temps, j’ai aussi rencontrer un mec qui venait quotidiennement depuis quelques jours puisque son passeport avait été tout bonnement perdu…). Et quand mon tour est arrivé, et
ben, je me suis fait boulé ! Et oui, je ne pouvais pas présenter de convention de stage ! Et pas moyen d’en obtenir une pour 6 mois ! (Souvenez vous, je fais un congé : donc
pas de convention de stage avec l’agro !).
Donc je m’en vais la queue entre les pattes et part chercher conseil auprès de mon tuteur JPP. Nous mettons au point notre plan de
bataille en 5 ou 6 parties ( de plus en plus limites légalement…)
Le lendemain on réattaque !!
La 1ère manoeuvre mise au point était de changer de guichet. L’épreuve de l’entrée passé, je sautais le guichet aux numéros
et arrivait le premier aux guichets des passeports en ayant pris soin d’éviter mon amie de la veille.
Je présentais donc mon dossier à l’employé qui le regarda brièvement avant de retourner à sa découpe de papiers ( en suivant bien les
lignes SVP). 37 minutes plus tard (montre en main mais je me suis bien retenu de le faire remarquer), il prit mon dossier, et là on a négocié un peu. Mais je m’étais préparé et mon argumentation
rapide et claire a fait mouche et tout ça c’est fini sur un « bon ben je vais vous le faire votre visa ».
Récupération du passeport l’après midi même en mode écrasage contre le guichet entre 16h30 et 17h sous l’adage « premier arrivée
premier servi ». Ce qui a un peu énervé mon voisin d’écrasage.
Mais au final, j’étais bien content , puisque cette petite introduction au Cameroun a atteint son objectif !